« Copenhague : une amertume certaine » par Ecologie Radicale

Un échec prévisible mais désespérant
Sous quelque angle que l’on considère le résultat de la conférence  de Copenhague, on ne peut qu’être amer et inquiet : amer devant l’échec des hommes de bonne volonté face au  mur inébranlable des puissances d’argent et inquiet de l’absence de réalisme des dirigeants du monde.

L’Europe qui n’a pas su se doter d’une ligne de conduite ferme et précise. L’Europe a fait des efforts trop désordonnés pour être efficaces, là où il aurait fallu pouvoir entendre la voix de l’Europe, la voix d’un continent,…on n’a observé comme dans beaucoup de ces rencontres internationales que des tentatives et des approches pour redéfinir des contrats.

Pourtant il n’y avait pas que l’Europe pour s’exprimer à Copenhague. Les représentants de presque tous les peuples de la Terre ont pu apprécier l’hospitalité danoise dans une capitale qui n’a déjà pas ménagé ses efforts pour réduire sa consommation en énergie tout en protégeant l’avenir de sa population.

Nicolas Sarkozy a tout tenté mais en vain :

-les USA déjà lourdement touchés depuis plusieurs années par un chômage qui ne fait que croître mais aussi livrés imprudemment par les maîtres de Wall Street  à l’industrie chinoise qui détient une grande partie de la dette américaine, ont refusé de consentir des efforts que pourtant leurs techniques industrielles pourraient supporter ;

-la Chine qui déjà a pris une part prépondérante dans l’industrie mondiale en réalisant à moindre coût beaucoup d’éléments indispensables aux industries de l ’Ouest se voit en passe d’acheter et de peupler l’Afrique en payant en troc et en main d’œuvre les matières premières gardées en stock pour les générations à venir. La Chine refuse de maîtriser raisonnablement son expansion.

La Russie a quitté la table des négociations mais elle connaît la fragilité des frontières et la vacuité des efforts de guerre permanente, à la guerre comme en amour la victoire est parfois dans la fuite, mais aujourd’hui il n’est pas temps pour quiconque de penser à des victoires, il est temps de penser à la survie.

Les risques sans parler des risques climatiques

Nos industries, en se délocalisant, ont importé très temporairement  les bas prix de produits de toutes qualités. Les populations d’Europe et des USA comme celles du reste du monde ont pensé y trouver leur compte La société de consommation a enfin révélé ses pires aspects.
Les usines ferment, l’agriculture est menacée, nos vaches dont la production avait été limitée naguère, produisent encore du lait mais ce lait n’est pas payé à un prix décent permettant aux agriculteurs de survivre ; les artisans ont du mal à joindre les deux bouts: leur production est trop chère par rapport à celle des produits copiés venus d’ailleurs même si ceux-ci présentent risques et malfaçons. Même la nourriture est menacée dans sa qualité : certains supermarchés vendent par exemple en pleine saison des asperges venues de Chine vendues moins cher en bocaux et pelées que les bottes déterrées il y a peu par nos agriculteurs d’Alsace ou d’Argenteuil.

Pas d’embargos mais une prise de conscience
La Chine pour prendre un exemple aura-t elle besoin de multiplier par quatre (ou par 10) sa consommation d’énergie si le reste du monde recommence à fonctionner en donnant du travail aux nationaux de chaque pays et ne lui délègue plus la fabrication des besoins de la planète au seul profit de quelques poignées de financiers, lui est-il nécessaire de toujours produire plus pour vivre mieux si elle doit se tourner uniquement sur son seul marché intérieur ?

Continuer à construire la pauvreté généralisée sur l’achat à vil prix de la main d’œuvre tout en s’enrichissant au-delà de tout espoir, sans participer sainement aux efforts nationaux,  par des délocalisations de sièges sociaux ( fiscaux) est-il excusable ?

Une réflexion nécessaire
Les identités nationales devraient d’abord se définir par la constitution de la liste de tout ce qui devrait disparaître ou ne pas apparaître dans les pays :

-la pauvreté pour ne pas dire la misère
-le manque de travail
-la maladie
-l’exclusion

Pour  que demain soit
Apportons plutôt une aide généreuse mais intelligente et raisonnée à l’Afrique pour que les africains puissent vivre au pays en conservant leurs traditions et leur joie de vivre, redonnons y leur chance aux cultures vivrières locales, aidons les à préserver leurs ressources et revenons pour l’Europe à des pratiques raisonnées d’agriculture et d’industrie ( 100 mile limit–USA) , si nous voulons que nos enfants disposent d’une qualité de vie approchant un peu celle que nous avons connue.

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